mercredi 14 septembre 2016

Le Key Bay et son chargement, Apso interpelle la douane

Par un courrier envoyé le 9 septembre à la direction régionale des douanes du Havre, Apso alertait l'institution sur les risques d'erreur de taxations sur la cargaison transportée par le navire Key Bay (IMO 9291561), chargée à El Aaiun au Sahara Occidental le 8 septembre et attendue à Fécamp vers le 14 septembre.
L'alerte était fondé sur la possibilité d'une indication de provenance erronée, soit "Maroc". Apso demandait à être informé de la taxation appliquée à cette cargaison.

Aucune réponse n'est arrivée à ce jour, ni accusé réception ou avis de prise en compte de la demande.

Le 10 septembre, WSRW a obtenu de l'armateur du Key Bay la confirmation qu'un chargement avait été embarqué à El Aaiun, ce que nous avions déduit de l'analyse de l'évolution du tirant d'eau du navire. L'étape suivante du Key Bay est Fécamp sans escale.

Le 13 septembre, la conclusion de l'avocat général de la cour européenne, M. Wathelet, rappelait sans équivoque « ni l’accord d’association UE-Maroc ni l’accord UE-Maroc sur la libéralisation des échanges des produits agricoles et de la pêche ne s’appliquent au Sahara Occidental »

Le 14 septembre, José Bové déclarait à WSRW demander "aux autorités portuaires du Havre de lire attentivement les conclusions magistrales de l'avocat général, d’intercepter le navire et d'évaluer efficacement son contenu, son origine et le régime d'imposition de ces produits".

Le navire est attendu demain jeudi à la mi journée à Fécamp, il semble qu'observateurs et média y seront très attentifs.

Sur la destination de la cargaison, il est très probable que ce soit l'entreprise Olvéa, qui n'a jamais répondu aux multiples interpellations et questions d'Apso sur la provenance de leurs importations, ni sur la façon dont il justifiait, le cas échéant, de la légalité des produits venant du Sahara Occidental.

APSO,  le 14 septembre 2016

vendredi 15 avril 2016

Exiland, 27 février 2016

 
Seuls ses yeux dévorent son visage. Le reste de son corps n’a pas vraiment l’occasion de dévorer quoique ce soit. Ce petit garçon de cinq ans en parait à peine trois ; ce que les pédiatres appellent ici sans rire « un retard de croissance harmonieuse ». 

A ses côtés, sa maman, née elle aussi dans les camps,rongée d’anémie, en attendant qu’un diabète ou un cancer ne viennent squatter « une avance de vieillesse inattendue ».

Sur une  table ronde de plastique toute juste assez grande pour passer l’encadrement de porte sans porte, une coupelle est devenue enclos .  3 « vaches qui rit » y pataugent dans un peu d’huile, attendant d’être attrapées dans leur minuscule corral par quelques bouts de pain.

La jeune future vieille femme Sahraouie me tend un petit saladier rempli de lait humanitaire reconstitué. Excédent d’un autre continent, le lait de chamelle local étant devenu hors de portée... A quand leur nécessaire en place de notre excédent ? Je l’incline à peine, mouillant par plaisir le dessus de ma lèvre supérieure. Face à moi, descendant le rebord opposé, une mouche effrontée, boit, avec la même délectation.

Dehors le vent de sable s’est transformé en tempête orangée. Les tôles inquiètes tremblent sur le toit et, forçant l’hospitalité, une part fatiguée de sable se pose, drapée sur le sol. Nous nous réfugions dans la pièce la plus petite, celle qui sert de remise à quelques valises qui rêvent d’être faites depuis 40 ans.

Sur le plateau où le sable finit par s’inviter, Raïbi prépare le thé. En un étrange défilé, six verres à thé martèlent le plateau transformé en Hamada, peu à peu emplis de mousse comme d’un éphémère espoir. En ce jour du quarantième anniversaire de la République Sahraouie, réfugiée dans cette toute petite pièce au milieu du Sahara, exilée dans la tempête, une jeune femme perdue dans ses songes et au milieu des valises fredonne un vieux chant sahraoui à son fils endormi. Un vieux chant qui parle d’un pays volé.

Les rêves se transmettent malgré tout en milieu hostile, devenant alors actes de résistance…
 
Jean-François Debargue 
Le 15 avril 2016

samedi 9 avril 2016

Bruits de bottes



 Après des années d'immobilisme au cours desquelles chacun claironnait sa victoire sur des avancées insignifiantes pour se persuader, côté Sahraoui, que l'espoir est encore possible, les choses vont-elles enfin bouger ?

L'amertume du temps qui passe, 40 années d'exil, la situation de la population Sahraouie des Territoires Occupés, les disparitions forcées, l'enfermement et la torture des prisonniers politiques, les graves inondations d'octobre ou la dégradation des conditions de survie dans les camps n’ont pas permis d'émouvoir une opinion indifférente ou maintenant préoccupée par sa seule sécurité.
Si une solution devait enfin naître, il semblerait que ce soit de la dégradation des relations entre le Maroc et l'ONU. L'émissaire du Secrétaire Général, puis le Secrétaire Général lui-même, et enfin les membres de la mission de l'ONU au Sahara ont tour à tour été déclarés "personna non grata" ou expulsés par le pouvoir marocain.
Mis devant le fait accompli de ne plus pouvoir négocier, - si négociation il y avait - l'occasion est aujourd’hui donnée au Polisario, de choisir d’agir pour chercher une solution sans l’ONU, et l’une des action pourrait être de reprendre les armes dont la menace régulièrement brandie trouve aujourd'hui un écho particulier.
Si le Polisario tergiverse et laisse l'ONU faiblir une fois de plus devant le Maroc pour revenir avec encore moins de pouvoir - rappelons que la Minurso est déjà la seule mission contemporaine de l'ONU qui ne soit pas mandatée pour juger du respect des Droits Humains - alors la situation continuera de s'éterniser, profitant au colonisateur.  En soutenant le Maroc dans son coup de force contre les Nations Unies, la France et l’Arabie Saoudite contribuent à mettre la région en danger. Il est vrai que ces apprentis sorciers ont de l’expérience…
Il s'agit sans doute là d'une des toutes dernières chances des Sahraouis. La situation est inédite et dans leur précarité on peut penser que les Sahraouis n'ont malheureusement plus rien à perdre.
En effet, depuis plus de 25 ans, le champ des négociations n’a pas donné la moindre récolte et même ceux qui avaient soutenu cette forme d’espoir confessent que leur plus grande erreur fut d’avoir signé le cessez-le-feu en 1991, suite à la promesse, 25 fois dite, 25 fois oubliée, qu’un referendum serait organisé dans les neuf mois suivants.
Qui pourra reprocher aux Sahraouis de renoncer à leur patience et leur non-violence après avoir été floués par l’échange d’un référendum promis contre un quart de siècle de négociations infructueuses et d’assistanat humanitaire ?
Qui pourra leur reprocher de vouloir mourir les armes à la main plutôt que de mourir dans les camps, la main tendue ? ou de mourir sous la torture en territoires occupés ?
Cette phrase de Boualem Sansal dans son livre « 2084 », s'appliquera-t’elle aux Sahraouis ?
" Dans le provisoire qui dure, il y a une leçon : l'important n'est plus le but, mais la halte, fut elle précaire. Elle offre repos et sécurité, et ce faisant elle dit l'intelligence pratique de l'Appareil ".
La halte n’a que trop duré. Elle touche les enfants de parents eux-mêmes nés dans les camps. Elle offrit certes repos et sécurité après l’exode de 1975.
Aujourd’hui elle n’offre aux générations nées de cette halte qu’une unique forme de repos et de sécurité : la mort dans l’oubli…

Jean-François Debargue
6 avril 2016 

mercredi 11 novembre 2015

Imagine. Il faut partir

Le texte ci-dessous est une fiction, co-écriture franco-sahraouie, inscrite dans la suite de la réflexion ayant conduit à l’écriture de « Les Sahraouis en 2018 ».

Lors des recherches menées en vue de l’archivage des documents historiques de l’exil et de la constitution de l’État Sahraoui, deux étudiants sahraouis ont trouvé un document confidentiel daté de 1975, qui a été dûment authentifié. Cette découverte a pour conséquence de déclencher une série de réunions de la plus haute importance et qui vont assurément avoir des conséquences. Les participants se sont engagés à une grande rigueur dans la production de comptes-rendus détaillés de ces réunions décisionnelles de l’État Sahraoui.

Compte rendu. Réunion au sommet de l’État Sahraoui, 27 février 2015
Ordre du jour : document confidentiel de 1975, ses conséquences et décisions urgentes.

C’est le document de 1975 mentionné ci-dessus qui fait l’objet de la réunion au Sommet. Voici une synthèse du document.
Le lendemain de la proclamation de notre République, les autorités de l’État qui nous permet un refuge sur sa terre avaient signé avec les autorités de notre République un accord de refuge pour une durée de 20 ans, renouvelable une seule fois pour un maximum de 20 autres années.
Ce document est confidentiel, et nos accueillants ont eu l’élégance de ne pas nous le rappeler, mais nous devons honorer nos engagements, il n’y a pas d’alternative. Il faut donc que nous soyons partis dans un an, jour pour jour. Le précédent des exigences du président Boudief dans les années 90, la potentialité de découvertes importantes de ressources naturelles hydrocarbures dans la région où nous sommes réfugiés sont d’autres axes de l’argumentation. Partir est obligé.

La question débattue par le groupe est donc la suivante : devons-nous chercher un nouveau refuge ou libérer notre terre pour y vivre tous.
Les options d’un nouveau refuge pour rester proche de notre terre : la Mauritanie, le territoire libéré, l’Espagne dans les Iles Canaries et Ceuta et Melilla. Pour les zones  proches mais désertiques, le problème principal est l’eau.
Libérer notre terre pour rentrer : comment faire, les négociations actuelles sous l’égide de l’ONU sont stériles, l’Union Africaine est plus qualifiée, comment l’interpeller, il faut que la communauté internationale soutienne notre décision.

Les aspects pratiques à prendre en compte :
- Les zones minées et contaminées par les restes de guerre, en territoire libéré et Mauritanie,
- Les zones décontaminées et les risques rémanents, et si notre solution n’est pas sur ce continent, il faut traverser la mer et par quelles routes.
- Les aides du HCR* arrivent au port de Oran, si la Mauritanie accepte de nous recevoir, il faudra peut-être utiliser un autre port, dans ce cas lequel.
- Comment transporter les écoles, les hôpitaux pour assurer la continuité de l’éducation et des soins.

Sont constitués quatre groupes de travail qui exposeront leurs synthèses et conclusions lors de la prochaine réunion :
1. Diplomatie/administration, prise de contact avec les autorités mauritaniennes et espagnoles, les organes représentants les Nations Unies, l’Union Africaine …
2. Étude géographique des possibilités d’un autre refuge, en lien avec les commandants des régions militaires sahraouies, les familles du territoire libéré, les représentants des diasporas de la région.
3. Les arguments de la récupération de toute notre terre dont la partie occupée, préparation de la consultation populaire, pour les votants dans les campements, en diaspora et dans les territoires occupés. Référendum à 2 choix, retour ou refuge, âge minimal 16 ans, carte d’identité ou registre d’état civil.
4. Groupe de pilotage, et d’enregistrement des questions supplémentaires émergeant des groupes de travail, en capacité de former d’autres groupes de travail/recherche.
                                                                                                                         
La date du prochain sommet est fixée au 27 avril. Il est décidé que les activités scolaires, culturelles, sanitaires et en relation avec l’aide humanitaire indispensable aux campements seraient inchangées jusqu’à cette date.


Dans son allocution du 7 mars, le président sahraoui a informé la population de la situation et de la démarche de travail du gouvernement.
La démarche a été expliquée au niveau des willayas et dairas*. Des permanences et réunions populaires sont tenues dans toutes les dairas chaque soir.
Des petites organisations spontanées de jeunes filles et garçons naissent dans chaque quartier. Les Unions des femmes, des travailleurs, des jeunes, des étudiants, des juristes ont créé des groupes de travail sur le sujet. De même, les associations Afapredesa, Asavim, des ingénieurs, Nova et autres se mobilisent.

Réunion de l’État Sahraoui, le 27 avril 2015
Le groupe de pilotage informe qu’il a créé un groupe de travail information /communication. Les radios, TV et journaux locaux et nationaux, média web sont prêts à informer en hassanya des questions et avancées des groupes de travail. Il est important que des informations claires et exactes s’échangent pour ne pas perdre du temps.
Les groupes de la société civile des campements et territoires occupés s’organisent pour être représentés équitablement et seront présents à la prochaine réunion. Pour la présente, ils ont remis au groupe de pilotage des documents de synthèse de leurs questions, préoccupations et propositions.

Le groupe de travail diplomatie/administration informe :
- Décryptage de la réponse diplomatique de la Mauritanie : elle respectera le droit d’asile de la charte de l’ONU, néanmoins cela consisterait un risque pour l’équilibre du pays. Il y aurait donc des raisons à ce qu’elle refuse.
- Les autorités espagnoles ont fait une réponse peu claire qui revient à la même conclusion, pas d’accueil dans les Iles Canaries, ni dans Ceuta, ni Melilla. Le gouvernement ne semble pas plus que depuis 40 ans entendre sa responsabilité d’administrateur de jure du Sahara Occidental pour l’organisation du referendum.
- Le groupe continue dans la voie diplomatique. L’information de la recherche d’un nouveau refuge commence à se répandre et des pays ont déjà envoyé des messages de sympathie : Afrique du Sud, Cuba, Nigéria, Brésil, Timor leste.
- L’envoyé spécial de l’Union Africaine pour le Sahara Occidental a répondu favorablement à la demande d’une rencontre de travail. Il sera présent dans les campements de réfugiés du 15 au 20 mai prochain.

Le groupe étude géographique prend en compte les réponses espagnole et mauritanienne. Ils poursuivent la cartographie précise des zones décontaminées du territoire libéré jusque Lagouera. Il suggère que le groupe diplomatie contacte le Mali. Trois de ses membres approfondissent avec des militaires et bergers l’étude des pistes allant de Tindouf au nord Mali, pour aller au sud de Chegga (Mauritanie), après la frontière malienne.

Le groupe de travail n° 3 expose les faits suivants :
- La récupération de notre terre passe par le retour, puisque le referendum est impossible vu le blocage occidental. Le retour peut se dérouler de façon pacifique avec la sécurité militaire, ou avec un mouvement militaire précédant le peuple, mais cela demande dans tous les cas un minimum de bienveillance internationale.
- Pour l’instant, aucun signe de cette bienveillance internationale n’est perceptible. La mobilisation générale autour du référendum interne évoqué à la dernière rencontre n’est pas pertinente pour l’instant, c’est ce qui se dégage des réflexions du groupe et des remarques adressées par les groupes de la société civile des campements, diaspora et territoires occupés. Il faut avancer dans le travail pour se trouver devant un vrai choix avant d’envisager un tel référendum sur le nouveau lieu.

Le groupe de pilotage informe de la mise en place d’un groupe de travail logistique, chargé de rassembler les informations sur les disponibilités des véhicules publics et privés et leur état, d’étudier et calculer selon plusieurs hypothèses la logistique du départ du peuple.

La date du prochain sommet est fixée au 27 juin. Les départs des enfants vers l’Europe pour la période estivale sont maintenus, mais les retours des enfants et accompagnateurs sont avancés au 15 août. Le ministère jeunesse est sport sera disponible pour les réunions et la réflexion dès le 5 juillet après le départ de tous les enfants. Un effort particulier est décidé pour le retour aux campements de tous les étudiants, y compris ceux qui étudient loin. Il a été décidé que les festivités à venir du 10 et 20 mai seraient allégées. La participation du Sahara Occidental aux Jeux Africains à Brazzaville au Congo en septembre est maintenue.
Les groupes de la société civile ont proposé au groupe de pilotage que des mesures d’économie populaire soient conseillées lors de la prochaine allocution officielle de l’État. Les familles seront invitées à simplifier les cérémonies de mariages, baptêmes et enterrements, comme lors de la période de guerre.
Il est décidé d’autre part que les visites des délégations étrangères pour les « projets », et les visites « familiales » sont suspendues à partir du 1er mai.

À partir du 2 mai des émissions de débat se sont mises en place à la télévision nationale et dans les stations de radio. Un groupe d’étudiants est chargé de relever toutes les idées et arguments, et d’en faire régulièrement des synthèses. Apparaissent dans le courant du mois de nouvelles chansons et poésies dans lesquelles la nostalgie de la terre natale prend une nouvelle force, teintée d’un grand élan d’espoir. Des jeunes rappeurs se passionnent pour le processus et s’associent aux « grands poètes » pour inventer un style nouveau, entre rap, lhoul* et poésie traditionnelle.

Réunion de l’État Sahraoui élargi aux représentants des groupes de la société civile, et médias, le 27 juin 2015
Le groupe de pilotage expose l’ordre du jour établi entre les groupes de travail et de la société civile.

Le groupe de travail diplomatie /administration rappelle :
- La rencontre avec M. Joaquim Alberto Chissano, du Mozambique, envoyé spécial de l’Union Africaine pour le Sahara Occidental, qui propose d’envisager le problème à résoudre sous d’autres angles. Comme il l’a expliqué lors de l’émission de télévision à laquelle il a participé, c’est un homme qui vient d’une terre qui est aussi dans la mer, pas un homme du désert, sa façon différente de voir les choses est très intéressante.
Le groupe informe que :
- Le Brésil a fait la proposition d’être terre d’exil pour le peuple sahraoui.
- Une rencontre avec M. Joaquim Alberto Chissano et M. Christopher Ross, envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara Occidental est prévu le 10 juillet dans les campements. Question à l’ordre du jour : le retour sur notre terre.
- Ni l’Assemblée Générale de l’ONU, ni le Conseil de Sécurité n’ont prévu de date de rencontre officielle pour discuter de leur attitude dans l‘éventualité de ce retour sur notre terre, et donc du passage du mur, mais aussi de la sortie du Maroc. Les informations officieuses attestent néanmoins d’intenses échanges entre les pays du « groupe des amis » au Conseil de Sécurité, et de l’envoi par le Maroc d’un nouveau groupe de « diplomates de l’unité nationale » qui s’active dans les couloirs de l’ONU et de l’UE.
- Le Mali par la voix de son ambassadeur a fait une réponse diplomatique dont la teneur revient à celle de la Mauritanie, la crainte de la fragilité de sa situation actuelle et des conséquences d’un afflux de réfugiés.

Le groupe d’étude géographique a été rejoint par les membres du groupe n°3 qui estime que son objet (la consultation populaire sur le nouveau lieu) est en attente. La cartographie des risques dus aux restes de guerre est achevée pour une bande de 500 mètres le long de toutes les pistes les plus empruntées en territoire libéré. Elle complète les cartographies existantes. Il y a de nombreuses zones encore très dangereuses. Les équipes sahraouies de démineurs ont suspendu leurs programmes pour se concentrer sur ces zones. Les outils de prévention créés dans le cadre de partenariats norvégiens, suédois, italiens... sont dupliqués et rediffusés auprès des familles et des jeunes. Les 6 épisodes radiophoniques de « Billy Goat »,-  histoire pour adultes d’éducation aux risques - sont diffusés quotidiennement toutes les 2 semaines et utilisés dans les centres de formation professionnelle. 
Une cartographie mise à jour des puits connus en territoire libéré sera présentée lors de la prochaine réunion.

Le groupe de recensement des moyens de transport et logistique propose de comptabiliser les chameaux des campements et de la zone libérée. Le groupe demande aux institutions de leur fournir les listes des matériels et archives à emporter. Il annonce qu’un aperçu de ses recherches sera présenté lors de la prochaine rencontre.

Le groupe de pilotage a synthétisé les avis reçus par les groupes de travail, les associations, unions et groupes informels et propose la mise en place d’un nouveau groupe de travail pour repenser toute la situation, et rechercher des idées d’alternatives, prenant en compte les expériences internationales, et les paramètres de notre problème. Le pôle « recherche et expérimentation » du ministère jeunesse et sports dont c’est la démarche se joint au groupe.
Étant données les prochaines rencontres internationales et la présence des étudiants, la prochaine réunion est fixée au 27 juillet.

Une grande effervescence et activité règne dans les campements. Les joutes poétiques et compétitions sportives alternent avec les réunions politiques et actions nécessaires à la situation. Les relations avec les Sahraouis en territoires occupés et diaspora sont continues, tant au niveau des organisations qu’individuel.
Les groupes de démineurs ont commencé des formations intensives pour tous les volontaires dès le 4 juillet. Les 5 premiers groupes complémentaires de démineurs, 85 hommes et femmes, sont partis en territoire libéré le 25 juillet.
Vingt sportifs sont sélectionnés pour représenter la nation aux Jeux Africains en athlétisme, karaté, taekwondo et cyclisme.

Réunion de l’État Sahraoui élargie aux représentants des groupes de la société civile, et médias, le 27 juillet 2015
Du fait de la température en journée qui atteint 47° ces jours, la réunion s’est tenue toute la nuit. Le groupe de pilotage a distribué un ordre du jour écrit du fait de sa longueur.

Le groupe diplomatie informe que :
- Une réponse de remerciements a été envoyée au Brésil, le transport du peuple n’est pas réalisable, et il nous faut rester proche de notre terre dans l’hypothèse d’un autre exil.
- Le 23 juillet, le Maroc a fait une proposition d’accueil des réfugiés à Angfou dans le Moyen Atlas, une des zones les plus pauvres du Royaume qui y laisse mourir ses habitants de froid. L’information énoncée par téléphone par le 1er ministre Benkirane était tellement absurde que le groupe de travail a beaucoup ri de dérision et n’a pu retrouver son sérieux qu’une heure après. La conversation a été enregistrée. Un courrier circonstancié et poli de remerciement va être adressé au gouvernement marocain avec copie à l’UA et l’ONU.
- La réunion avec les représentants spéciaux de l’ONU et l’UA a démontré le blocage et tabou par l’ONU sur les territoires occupés. Christopher Ross a souligné qu’étant donné le délai et la lenteur des processus engagés, aucune mesure ne sera suffisamment coordonnée internationalement pour pousser le Maroc au retrait de la partie occupée du Sahara Occidental dans les délais. Le groupe a néanmoins demandé que soit envisagé un blocage économique sur le Maroc.

Le groupe d’étude géographique poursuit la cartographie. Il rappelle que les sessions de formation au déminage sont en cours. Comme le matériel manque, des appels ont été lancés en direction des organisations humanitaires déjà impliquées ou l’ayant été, des pays amis, et de ceux ayant achevé leur décontamination. Les cartes ont été distribuées et mises à disposition dans les willayas pour que les bergers et voyageurs puissent apporter des commentaires et modifications.
Un groupe d’universitaires a rejoint l’équipe d’ingénieurs en hydrogéologie pour le repérage d’autres puits potentiels, et le forage des 5 dorénavant repérés en zone nord du territoire libéré.

Le groupe logistique a recensé 13 000 véhicules particuliers, 4000 camions et bus. Les véhicules légers sont pour la moitié des 4x4 dont 30% ont plus de 30 ans. Le groupe a estimé la possibilité de la disponibilité de 2000 chameaux.
Les hôpitaux ont annoncé que hors tout ce qui concerne les soins de premiers secours, seuls les équipements nouveaux seraient transportés, soit les équipements des blocs chirurgie des hôpitaux de Bolla et Rabouni. Ils soumettent néanmoins la question des caractéristiques du lieu de déplacement et indiquent que cela conditionnera leurs besoins.
Les radio et télévision nationales ont rappelé leur autonomie propre. L’éducation nationale donnera sa réponse mi-août, après la fin des discussions internes. Le ministère de l’intérieur assure être autonome pour les archives, l’état civil et la partie administrative. Les efforts d’informatisation des 10 dernières années permettent d’alléger la charge.

Le groupe idées alternatives informe qu’il est pour l’instant en plein travail de recherche et réflexion. L’idée qui se dessine est de partir de la base de ce que l’on a, et non ce qu’il manque, étant donnée la position internationale.
Le Maroc n’ayant jamais posé de revendication devant l’ONU sur la mer sahraouie, alors que la RASD a déclaré sa Zone Economique Exclusive en Droit de la mer, un sous-groupe rassemble études et documents sur les zones où l’homme habite sur la mer. Les Sahraouis des Pays-Bas ont été contactés, certains ont travaillé dans les chantiers de Schelde à Vlissingen-Oost (Flessingue).  Des réfugiés vont les rejoindre et se proposer pour faire des stages. M. Joaquim Alberto Chissano a été sollicité pour fournir des contacts dans son pays sur ce sujet, ainsi que l’association sahraouie de Venise, et une entreprise française qui innove dans les techniques anti-inondation. La mer sahraouie est accessible par Lagouera.

Le principe de l’utilisation des zones non revendiquées sera présenté par le groupe diplomatie lors que la prochaine rencontre avec les deux représentants spéciaux de l’UA et l’ONU à laquelle ils ont accepté de participer le 18 août.

La prochaine réunion est fixée par le groupe de pilotage le 27 août, il restera 6 mois avant la date ultime du départ.

Les rappeurs et poètes se sont emparés de l’enregistrement de l’appel téléphonique de Benkirane pour le transformer en samples. Poèmes et chansons sont accompagnés de vidéos. Certaines, parodiant « les guignols »  français de la chaîne de télévision Canal+ font danser un Benkirane marionnette à fil. Tout cela s’écoute, se diffuse et se répand par les téléphones portables, médias sociaux et autres. Le média satirique marocain Demain Online relaie une chanson de rap sur son site et participe à sa diffusion au Maroc et dans la diaspora marocaine où cela commence à faire grand bruit. Surtout par la confusion que cela entraîne par rapport au discours officiel marocain.
Le 31 juillet à Lille en France, lors d’une rencontre internationale de football placée sous l’égide de la N.F-Board, l’équipe du Sahara Occidental rencontre l’équipe de la FA Espéranto, et remporte le match 4-0 sur décision de l’arbitre. La motivation pour d’autres matchs est très forte au niveau local et international.
L’entraînement des sportifs sahraouis sélectionnés pour les jeux africains est entré dans une nouvelle phase et s’intensifie à partir du 10 août.

Réunion des groupes de travail étatiques et associatifs, le 27 août 2015
Les membres du groupe de pilotage présentent l’ordre du jour et annoncent que 5 étudiantes en master de droit et chimie les ont rejoints.

Le groupe diplomatie informe que :
- En conclusion de la réunion avec les représentants spéciaux, avec les encouragements de M. Joaquim Alberto Chissano pour l’UA, M. Ross présentera dans les plus brefs délais au Conseil de Sécurité la requête sur le principe de l’utilisation comme refuge des zones non revendiquées ni occupées. Il a été convenu que la prochaine réunion aurait lieu dans les jours suivants cette réunion, et que le protocole serait allégé au maximum. Il faudra néanmoins tenir compte des nombreuses demandes de rencontre faites par les associations sahraouies qui souhaitent partager la sagesse de M. Ross, et d’autres de M. Joaquim Alberto Chissano.
- M. Ross a annoncé devoir se rendre dans les pays « impliqués » pour en rencontrer les dirigeants.
- Un sous-groupe éducation nationale est chargé de contacter son homologue algérien à propos des bourses d’études accordées aux collégiens, lycées et universitaires sahraouis.

Le groupe étude géographique informe que :
- Au nom de l’État et du peuple, ils ont soutenu les familles du démineur mort, et des blessés de l’accident survenu suite à l’explosion d’une mine antichar dans une zone partiellement décontaminée. Les vies des 5 blessés ne sont plus en danger, 2 ont perdu une jambe.
- Une nouvelle version des cartes est à disposition dans les idaras*. La contribution de toute la population a été très efficace, a accéléré le processus et amélioré la précision.
- Le Mozambique a envoyé des rats démineurs, et mis à disposition deux instructeurs/formateurs pour la durée d’un mois. Ils sont arrivés le 14 août dans les campements. L’un des formateurs reste dans les campements avec 10 rats, l’autre a rejoint les équipes de démineurs avec les autres 30 rats spécialistes après 4 jours d’acclimatation.
- L’équipe TIRAMISU (Toolbox Implementation  for Removal of Anti-personnel Mines, Sub-munitions and UXOs) a été contactée et une coopération se met en place, au-delà de la prévention, pour mettre en application les résultats des découvertes techniques en matière de déminage, y compris avec les prototypes.
- Compte tenu de l’avancée des réflexions, le groupe demande au groupe logistique de recenser - en territoire libéré - les bâtiments existants, les possibilités d’acheminement, les ressources hydriques, et leur état puisqu’il semble que le territoire sera une partie de la solution.

Le groupe logistique a reçu la proposition d’un groupe de jeunes mécaniciens de faire une évaluation des véhicules, l’entretien et les réparations nécessaires. Un grand atelier a été mis en place à Aousserd. 15 jeunes sont descendus à Dakhla pour y renforcer l’atelier spontané.
L’éducation nationale a annoncé, par ses inspecteurs pédagogiques, que les premiers temps de l’école après le départ pourraient se faire sans grands besoins matériels, mais nécessiterait au moins un livre de classe par professeur, niveau et matière. Néanmoins ils soulignent que le début de l’année est très froid et qu’il faudra prévoir des abris, sous tente ou en dur, et des tapis pour les 29 écoles maternelles et primaires, de minimum 8 classes chacunes.

Le groupe idées alternatives informe que :
- Les jeunes envoyés dans les pays et cités lacustres se forment avec avidité et envoient très régulièrement des rapports. Ils font un énorme travail.
- Ils sont passionnés par l’idée que pour la première fois un pays désert devient mer.
- D’autres idées sont dans l’air, le compte-rendu de la réunion de M. Ross avec le Conseil de Sécurité sera décisif.
- Des idées d’architectures inspirées des techniques Cal Earth sont expérimentées, dans l’idée de constructions faites uniquement de sable. Ce groupement d’architecte a été contacté pour des échanges et perfectionnements.

Le groupe de pilotage propose que la prochaine réunion ait lieu le 27 septembre, et soit avancée si nécessaire en fonction des envoyés spéciaux.
Il a été décidé que la rentrée scolaire des maternelles, primaires et classes d’apprentissage se dérouleraient comme d’habitude début octobre. Les collégiens-lycéens boursiers en Algérie partiront jusqu’aux vacances de fin d’année. Les étudiants des grandes écoles et universités sont encouragés à rejoindre leurs études s’ils ne sont pas en fin d’un cycle validé. Le groupe de pilotage s’engage à informer ceux qui poursuivront leur cursus de l’avancée du processus et des discussions par toutes les méthodes possibles.

Le dynamisme des derniers mois lui a donné la force de vivre quelques mois de plus, mais affaiblie par une longue maladie, la chanteuse résistante Mariam Hassan décède le 22 août. La nation lui rend hommage à Smara (campements).
Le Sahara Occidental n’a pu participer sportivement aux jeux africains début septembre. La présence sur place d’une délégation de sportifs et représentants a permis une participation symbolique par la présence du drapeau flottant avec ceux des autres pays africains. Le comité de pilotage congolais a invoqué l’article 5 relatif à l’affiliation aux fédérations internationales pour justifier son opposition. La déception a été grande pour les Sahraouis.
Le travail de la mise en conformité des instances sportives nationales et des relations aux instances internationales, en chantier depuis 6 ans est remis sur la table. Le non-événement et son pendant symbolique ont eu un écho dans le journal Le Monde et Jeune Afrique.

Réunion des groupes de travail étatiques et associatifs, le 17 septembre 2015
Le groupe de pilotage a avancé la date de la réunion sur la proposition du groupe diplomatie, et avec l’accord des autres participants.

Le groupe diplomatie informe :
- M. Ross a rapporté que la réponse du Conseil de Sécurité de l’ONU sur le « principe de l’utilisation des zones non revendiquées ni occupées comme refuge » est favorable. Une déclaration écrite est en cours d’élaboration.
Le groupe propose qu’une communication officielle soit rapidement faite à la population sur ce point, qui entraîne que la solution de nouveau refuge sera probablement en territoire libéré et sur la mer sahraouie.
- Le groupe mesure les conséquences de la nouvelle position de l’ONU, et va informer l’UE et les autorités russes et japonaises que la ZEE sahraouie présentera sa réglementation pour la pêche et qu’elle la fera respecter. L’information sera publique pour informer les autres pécheurs clandestins, et les entreprises de prospection et exploitation pétrolière, Kosmos Energy et Total (respectivement USA et France).

Les groupes étude géographique et logistique informent que les travaux effectués avancent très rapidement.
Le groupe logistique informe de l’initiative de la formation de nombreuses tuizas* pour la fabrication de tentes. Cela représente au moins 3 tuizas par daira. Tous les tissus disponibles, même très endommagés sont récupérés et utilisés.
À Zoug, en territoire libéré, les anciens ont mis en place des ateliers de fabrication de frach, tapis en jonc tressés, pour transmettre le savoir-faire aux jeunes afin qu’ils en fabriquent à leur tour plus rapidement. Le groupe pense pouvoir réussir à équiper toutes les écoles primaires et maternelles, qu’elles soient dans des bâtiments ou sous les tentes. Les tapis font 10 mètres sur 5.

Le Croissant Rouge Sahraoui informe dans une communication lue par le groupe de pilotage que :
- Les réserves alimentaires sont assez basses du fait de délais des fournisseurs, mais aussi de l’exigence d’aliments de meilleure qualité calorique envoyés aux équipes de mécaniciens et démineurs.
- Les réserves du tissu vert destiné à la fabrication des tentes sont épuisées. Le groupe de jeunes adjoints du responsable Yahia Buhubeni a fait appel aux bailleurs et donateurs pour que ce manque soit pris en considération en urgence.

Le groupe idées alternatives informe que :
- Un groupe de jeunes travaille sur la problématique de la récupération de l’eau, toutes les méthodes possibles, à échelle familiale et communautaire, filets de rosée, tour de récupération de l’eau contenue dans l’air, puits solaires…
- Un autre groupe de jeunes a mis au point dans son atelier une culture de fourrage sans terre, sur eau, pour les troupeaux. Les « carrés » sont d’1m2 et font en moyenne 45 centimètres d’épaisseur.
- Les jeunes de l’atelier autruche ont commencé à apprendre aux autruches à porter des charges sur leur dos.
- La poursuite de leur réflexion va prendre en compte la position du Conseil de Sécurité. Le groupe demande à travailler avec le groupe diplomatie et à ce dernier d’inviter M. Ross une nouvelle réunion.

Le groupe de pilotage propose que la prochaine réunion ait lieu le 17 octobre, date avancée en cas de besoin.
En cohérence avec les décisions de la réunion du 27 avril, les ministères concernés - culture et jeunesse et sports - ont informé leurs partenaires que les manifestations internationales  Artifariti, FiSahara (cinéma), Festival culturel et Sahara Marathon n’auraient pas lieu cette année dans les campements, mais se poursuivraient l’année prochaine en territoire libéré.

L’allocution télé radio prononcée par un membre du comité de pilotage a été rediffusée par tous les médias.
Le retour anticipé des sportifs après les jeux africains a été un moment très important pour tous, et a donné lieu à de nombreux ateliers de démonstration, d’explication des valeurs du sport, et de la pratique de haut niveau. Un groupe de jeunes, critique, a démontré dans un pamphlet le paradoxe de la non-participation nationale face aux valeurs du sport.
La rentrée des classes pour les enfants a eu lieu dans les campements, les collégiens et lycéens internes sont partis.
Les ONG humanitaires commencent à prendre des mesures tenant en compte le changement de la situation. Certains contrats d’expatriés ne sont pas renouvelés. Des bureaux préfabriqués de « la Base » du HCR sont revendus à des entreprises algériennes de Tindouf.
Un nouveau groupe, des jeunes des territoires occupés, se constitue juste après la réunion pour recenser tous les navires cargo échoués dans les zones peu profondes de la mer sahraouie, en évaluer l’état, et la faisabilité de les transformer en habitation/village. Ils envoient des photos qui sont diffusées à la télévision nationale.
Ils recensent aussi les embarcations, de pêche et autres, propriétés de Sahraouis.
Les réactions du gouvernement marocain à la position du Conseil de Sécurité sont vives. Les tractations et négociations pour faire annuler la décision comportent des menaces diplomatiques à peine voilées. La diffusion de la conférence de presse de Christopher Ross, après sa rencontre avec les adjoints des conseillers du roi, prononcée en arabe, est nettement censurée.
Les médias marocains étatiques n’ont pas une communication claire sur la position internationale. La ligne habituelle semble douter de ce à quoi elle doit préparer le peuple à être autorisé à penser.


Réunion des groupes de travail étatiques et associatifs, le 17 octobre 2015
Le groupe de pilotage présente l’ordre du jour. La réunion est maintenue, malgré les pluies torrentielles qui se sont abattues sur les campements et le Sahara depuis la veille.

Le groupe diplomatie informe que :
- après avoir travaillé avec le groupe idées alternatives, il a revu M. Christopher Ross avant son départ, en présence de M. Joaquim Alberto Chissano pour lui faire par d’une nouvelle revendication à soumettre au Conseil de Sécurité. La proposition reste pour l’instant confidentielle.

Le groupe étude géographique informe que :
- 5 nouveaux puits sont opérationnels dans la zone nord du territoire libéré
- Une partie de l’équipe d’hydrogéologues a été renforcée par d’éminents chercheurs sahraouis et spécialistes français, et prospecte dans les zones décontaminées du sud du territoire.
- La cartographie de la dangerosité des différentes zones est mise à jour et se trouve à disposition de tous dans les locaux de l’association Asavim* à Rabouni. Par facilité, une copie est envoyée régulièrement à Dakhla. Les scan datés des cartes sont aussi disponibles sur le site Asavim.
- Les formations au déminage se poursuivent, et les équipes travaillent maintenant 7 fois plus vite qu’il y a 8 mois.
- Suite aux propositions de la société civile par le biais des walis*, une liste de possibles nouvelles localisations des willayas a été soumise, territoire libéré et mer. Les propositions sont à l’étude pour vérifier la cohérence et seront rendues publiques rapidement.
- Certaines familles et groupes ont annoncé vouloir commencer à partir mi-novembre, selon elles, s’il n’y a pas d’enfants scolarisés en primaire, il n’est pas nécessaire d’attendre les vacances de fin d’année, ou au plus tard février pour partir.

Un groupe s’est reformé autour des problématiques de logistique et relations aux ONG et bailleurs. Il annonce le transfert d’une partie de la base d’aide alimentaire à Tifariti, à proximité de la piste d’atterrissage gros porteurs, pour au plus tard fin décembre.

A l’étranger, tous les jeunes en condition physique satisfaisante se sont déplacés vers des villes portuaires, et les chantiers navals pour se proposer comme travailleurs, apprentis ou même stagiaires, navigateurs et constructeurs. Il n’y a pas de savoir faire dans le domaine naval pour les jeunes nés dans les campements de réfugiés, et très peu chez les jeunes nés dans les territoires occupés.

Le groupe de pilotage propose que la prochaine réunion ait lieu le 17 novembre 2015.

La pluie est tombée en alternance de jours et nuits jusqu’au 27 octobre. Toutes les willayas ont été touchées. Les maisons détruites ou endommagées sont très nombreuses à Dakhla. La route vers le territoire libéré est coupée pendant une semaine, les équipes de démineurs ont connus des problèmes logistiques vite oubliés quand les camions ont pu circuler à nouveau.
M. Christopher Ross est venu constater les dégâts le 26 octobre en une courte visite.
Au niveau sanitaire, avec la sur-multiplication des mouches et moustiques, il a fallu faire face à une épidémie de diarrhées jusqu’aux premières semaines de novembre.
Malgré le délai imposé par le traitement de l’urgence, la liste des localisations provisoires des nouvelles willayas a été diffusée le 30 octobre.
Les premiers groupes de réfugiés partent dès le 10 novembre vers Mheriz en territoire libéré. Ce qui a été perdu sur cette terre sous la pluie a achevé de couper les derniers liens. Certains disent qu’ils auraient préféré partir en laissant derrière eux une maison permettant d’abriter de nouveaux habitants. Le voyage des caravanes prend 3 jours et se passe sans incident notoire, hors quelques problèmes mécaniques. C’est la bonne période pour les troupeaux, il y a de l’herbe en quantité, les inondations ont profité aux arbres et pâturages.
Et il commence à y avoir des terfes (truffes) à cette période, qui est un bon aliment de base pour tous.

Réunion des groupes de travail étatiques et associatifs, le 17 novembre 2015
Le groupe de pilotage présente l’ordre du jour de la réunion qui se fera en 2 temps. La réunion de ponctuation habituelle, et pour la deuxième, le point sur les réalisations logistiques, état des recherches d’eau, du déminage et autres points techniques, qui donnera lieu à l’établissement d’un document séparé.

Le groupe diplomatie informe que :
- Après la reconnaissance de l’ONU de la possibilité d’installation des Sahraouis sur les zones non revendiquées par le Maroc, entendue dans un premier temps comme le territoire libéré et la mer, et entendue comme une reconnaissance de facto et de jure de souveraineté sur ces espaces, la nouvelle proposition soumise à M.Christopher Ross en direction du Conseil de Sécurité y ajoute l’espace aérien. Les discussions sont très vives au Conseil de Sécurité et au sein de l’Assemblée Générale de l’ONU. Le Maroc et ses soutiens, notamment la France, l’Espagne et Israël, butent fortement sur les arguments légalistes évidents et incontournables de la proposition. La proposition sera soumise au vote de l’AG de l’ONU le 29 novembre. Les conséquences pourraient être déterminantes pour l’avenir.

Le groupe étude géographique informe que :
- Les jeunes des territoires occupés ont recensé les navires, mais aussi cartographié les zones où le courant permettrait d’installer des habitations sur pilotis à quelques mètres du rivage. 5 navires cargos échoués, d’un port en lourd de 35 000 ou 60 000 tonnes peuvent être transformés en habitations.

Le groupe de pilotage propose une nouvelle réunion le 1er décembre

Les départs de caravane vers le territoire libéré sont quotidiens et donnent lieu à des scènes de joie. Les camions militaires sont utilisés en renfort plus tôt que prévu. Il apparaît que les manques de gasoil vont rapidement se faire sentir. Dans une communication, le groupe de pilotage faisant suite aux remarques des groupes de la société civile, informe que les valides marchent pour aller vers le territoire libéré. Les anciens affirment que puisque ce n’est pas sous les bombardements, c’est avec honneur qu’ils marchent ainsi sur leur terre libérée, même pour un nouvel exil.
Des familles demeurant en exil en Europe sont arrivées dans les campements pour aider au déménagement. C’est un mouvement qui s’amplifie, Air Algérie a réduit de 90% ses tarifs sur les rotations Alger Tindouf, et ajouté des vols. Les vols militaires sont pleins.
Dans le territoire occupé les manifestations indépendantistes sahraouies se multiplient, organisées quotidiennement et simultanément dans tous les quartiers de El Aaiun, Smara, Dakhla et Boujdour. Les forces répressives marocaines, déstabilisées par la situation politique globale sont peu efficaces faces aux manifestations multiples et massives.
Des mouvements citoyens sont perceptibles dans les territoires non contestés, au nord de la frontière Sahara Occidental - Maroc.

Réunion des groupes de travail étatiques et associatifs, le 1er décembre 2015
Le groupe de pilotage présente l’ordre du jour et fait part de la proposition populaire que les écoles soient déménagées durant la première quinzaine du mois de janvier pour que l’année scolaire des maternels primaires et classes professionnelles se déroulent sans plus de perturbations.

Le groupe diplomatie informe que :
- L’Assemblée Générale de l’Onu a voté favorablement la souveraineté sahraouie, et donc l’indépendance, sur le territoire libéré, la mer sahraouie, et l’espace aérien de tout le Sahara Occidental. L’effet en est au 15 décembre 2015.
- Les groupes de la société civile pressent les députés pour que soient votées des lois sur l’espace aérien, et dans un premier temps qu’il soit totalement fermé. Il demande que la même mesure de fermeture totale soit appliquée à titre provisoire sur la mer pour au moins six mois.
- Les compagnies maritimes transportant les importations de fuel destinées à l’occupation, les exportations de phosphates, vont être contactées pour signifier l’interdiction de naviguer. La plate-forme pétrolière de Kosmos Energy doit sortir sans délai des eaux sahraouies, les navires de prospection  en contrat avec Total de même. Les compagnies d’aviation empruntant les couloirs aériens du Sahara Occidental vont être informées officiellement.
Les agréments, permis et autres accords passés avec le Maroc sur la mer sahraouie sont annulés, les détenteurs vont être poursuivis devant les justices compétentes.
- Les conséquences de ces mesures sont que l’occupant marocain tenant militairement la partie ouest du territoire ne pourra plus se ravitailler ni par mer ni par les airs. Seuls resteront possibles les transports routiers, y compris pour l’approvisionnement en fuel.
- La déclaration officielle du chef de l’État aura lieu le 2 décembre. Une communication à l’AG de l’ONU pour tous ses membres, à l’UA et à l’UNPO*, sera envoyée le même jour.

Le groupe étude géographie informe que :
- Les jeunes des groupes habitations lacustres et chantiers navals sont partis à Lagouera pour construire des prototypes. Ils ont trouvé des fonds de soutien au niveau international  et se fourniront en matériaux en Mauritanie.
- Les Sahraouis des territoires non contestés, au sud du Maroc, ont demandé à participer à des stages de déminage pour commencer le nettoyage des abords du mur qui les séparent de l’Algérie. 10 d’entre eux ont déjà fini un stage. Il reste un problème de matériel. Au Maroc, les détecteurs sont détenus par l’armée qui a refusé d’en mettre à leur disposition.

Le groupe idées alternatives informe que :
- 5 tonnes de réserves de « quarrés » de fourrage, séchés cet été, ont été acheminées à Bir Lahlou et Tifariti. Ils ont ouvert un atelier à Tifariti qui produit très bien.
- Les constructions en dôme tout en sable sont au point et la construction d’un espace de 40m2 prend 2 jours (une salle et 2 chambres).
- Un groupe travaille à écrire les bases de la nouvelle gouvernance, en relation avec les groupes de la société civile, les groupes de travail et les dirigeants historiques et ministres de la République. Il semble que la réflexion populaire pousse à une laïcité de l’État indépendant. La date du prochain congrès, visant à modifier la constitution, et élire un gouvernement de transition avant les prochaines élections, est en cours de discussion pour des raisons pratiques.
- Un autre groupe travaille sur la santé, notamment à l’élaboration et diffusion des consignes pour une autre alimentation. Le panier d’urgence de l’aide alimentaire et l’inactivité ont contraint les réfugiés à certaines habitudes qu’il faut changer. Autant que cela soit avec des conseils avisés. Les communications thématiques par radio commenceront dès le 15 décembre. Des sensibilisations ont déjà commencé dans les écoles primaires.
- Un groupe travaille sur le système économique à mettre en place dans l’État indépendant et ses étapes. Il fera des propositions de monnaie lors de la prochaine réunion.

Le groupe de pilotage valide la priorité au déménagement des écoles à partir du 30  décembre. Les familles avec enfants sont prioritaires pour le départ à partir du 5 janvier. La rentrée scolaire est fixée au 16 janvier 2016 pour les plus de 32 000 primaires et intermédiaires (jusque 16 ans). La rentrée des 7000 maternelles est repoussée au 30 janvier. Le groupe propose une réunion de concertation le 1er janvier 2016. Il restera moins de 2 mois à tous les réfugiés pour être partis des campements de Tindouf.


L’information diffusée par le chef de l’État Sahraoui est abondamment reprise par les médias internationaux. Des mouvements d’incompréhension et de panique ont lieu parmi les colons marocains installés au Sahara Occidental, pour certains depuis 40 ans suite aux alléchantes conditions proposées par le Makhzen.
Les membres de l’entourage du roi marocain, et le roi lui-même multiplient les déplacements « diplomatiques » et les chantages tels l’ouverture des portes de l’immigration clandestine subsaharienne et la dépénalisation nationale immédiate de la circulation de la drogue.
Les militaires de haut rang, responsables industriels de compagnies opérant dans les territoires occupés s’imposent sur la scène médiatique marocaine en proposant des discours différents de celui tenu officiellement depuis des années.
Les membres de la Voie Démocratique constatent une recrudescence d’intérêt et de sollicitation envers leur position politique et vision de l’avenir du Maroc.
La capacité des réserves pétrolières de l’occupation est estimée à 1 mois pour les civils, et 2 mois pour les militaires. Commencent dès le 10 décembre des mouvements migratoires de colons remontant vers le Maroc. Il se dit que parmi les plus anciens colons certains déclarent qu’ils restent et attendent l’indépendance totale du Sahara Occidental pour changer de nationalité.
De nombreuses démissions ont lieu dans l’armée marocaine. Des jeunes recrues déclarent qu’elles ne sont pas concernées et profitent de convois pour remonter vers le nord. Des plus anciens qui ont fondé des familles avec des Sahraouies refusent de participer aux mouvements de troupes et d’intimidations.
Les Sahraouis qui se sont enrichis par leur allégeance à l’occupant ont rejoint leurs propriétés situées au Maroc en emportant leurs biens de valeur.
Les premiers groupes de familles arrivent à Lagouera le 20 décembre, pour habiter les tentes sur pilotis, et d’autres pour renforcer les équipes qui partent pour aménager les navires échoués. En accord avec le PAM* une partie de l’aide alimentaire est stockée à Lagouera, pâtes, farine et légumes secs. Les jeunes installés à Lagouera ont commencé à organiser la pêche pour les apports en protéines.
Des manifestations importantes ont lieu pendant tout le mois dans les territoires sahraouis non contestés, contre le pillage de la terre, la destruction de l’écosystème et la discrimination généralisée mise en place par le Maroc.

Réunion des groupes de travail étatiques et associatifs, le 1er janvier 2016
Le groupe de pilotage énonce l’ordre du jour

Le groupe diplomatie informe que :
- Les pressions sont fortes sur le groupe et sur chacun de ses membres, les montants des tentatives de corruption par le Maroc sont « intéressants ». En discussion d’accepter les sommes pour emplir les caisses de la République, comme trésorerie de l’économie nouvelle.
- Les messages diplomatiques de félicitations ont afflué. La Norvège, la Suède, le Danemark, la Catalogne et l’Islande vont voter dans le cours du mois de janvier la reconnaissance de la République Sahraouie. Les échos des discussions en Italie et Grande Bretagne semblent augurer du même vote dans le courant de février.
- Des contacts ont été initiés par une compagnie aérienne lowcost pour la mise en place d’une ligne Lyon - El Aaiun - Dakhla. Leur argument est que Lyon est facilement accessible de toute l’Europe. C’est la première proposition. La question est à l’étude.
- Le travail sur les modalités particulières de visa pour l’entrée au Sahara Occidental est en cours. Elles seront simplifiées et standardisées. Les visas pour les journalistes seront accélérés. Les amis solidaires de la lutte auront un statut particulier les dispensant de visa.

Le groupe étude géographique propose de changer de nom, il propose de s’appeler le groupe environnement naturel.
- Les coordinateurs des démineurs affirment qu’ils ont nettoyé plus des ¾ du territoire libéré
Il reste les abords immédiats du mur, ils ne sont pour l’instant pas approchables à cause des tirs des militaires marocains.

Le groupe idées alternatives a décidé de s’appeler maintenant groupe pour la nouvelle république, ils informent :
- qu’ils travaillent sur la nouvelle gouvernance à mettre en place, et sur un programme précis pour le premier gouvernement de l’indépendance. Il sera proposé au peuple le 8 janvier.
- qu’ils souhaitent qu’un débat s’engage dans la population pour un choix entre un avenir capitaliste ou écologiste.
- La monnaie sahraouie s’appellera  le Ouali*, sa valeur serait 1 Ouali = 1 dollars. Le groupe va faire des propositions de figure sur les pièces et billets.
Le document de la nouvelle économie comprend plusieurs propositions, il est presque abouti.
- Le groupe de recherche sur la justice demande d’extradition de tous les Sahraouis emprisonnés par le Maroc. Ils vont être rejugés dans les plus brefs délais. Les prisonniers politiques en priorité.

Le groupe de pilotage propose que la prochaine réunion ait lieu à Tifariti le 1er février, sauf s’il y a des événements imposant d’avancer la date.

En territoire occupé, des colons marocains organisés en milice pillent et vandalisent les maisons de leurs compatriotes déjà partis. Ils utilisent des explosifs pour faire sauter les portes. Des industriels mettent le feu à leurs locaux en tentant de bruler en urgence leurs archives avant de partir. Les Sahraouis s’organisent pour se défendre et circonscrire les incendies.
Les manifestations sahraouies en territoires non contestés se poursuivent. La situation avec le passage de nombreux marocains regagnant le nord est chaotique, les services de maintien de l’ordre sont dépassés.
Les départs des réfugiés se sont intensifiés. Les écoles primaires et secondaires ont repris leurs activités comme prévu dans le territoire libéré le 16 janvier. A Lagouera la première école sur pilotis a grand succès, les quelques enfants qui ont eu peur le premier jour ne veulent plus rentrer chez eux en fin de journée.

Réunion des groupes de travail étatiques et associatifs, le 23 janvier 2016, à Bir Lehlou.
Le groupe de pilotage rappelle que la date de la réunion a été avancée du fait des récentes déclarations marocaines et de l’actualité : débâcle des colons Marocains au Sahara Occidental, retrait de l’armée. Devant le mouvement populaire, la pression de l’armée et de l’UA, le Maroc par la voie du général Oufkimi a annoncé hier son retrait inconditionnel du Sahara Occidental pour le 2 février. Le mot coup d’État n’est pas prononcé au Maroc.

Après concertation avec tous les membres des groupes et représentants de la société civile il est décidé que l’armée sahraouie va se déployer immédiatement sur toutes les frontières du pays.

Le groupe diplomatie informe
- Brussels Airline a fait la proposition d’un vol Bruxelles – El Aaiun – Dakhla. Le choix du premier opérateur sera annoncé le 3 février après discussion avec les autres groupes de travail, et après examen des arguments économiques et éthiques.
- Le président de la République de Madagascar, premier pays à avoir reconnu la RASD, a annoncé sa visite officielle pour le 5 février. Ban Ki-moon a annoncé sa visite pour le 7 février. Ils seront reçus à Smara où le groupe de pilotage prévoit la nouvelle tenue des réunions.
- La Tunisie - encouragée par son comité de dialogue national nobélisé le 9 octobre dernier – et le NEPAD*, en relation avec le PNUD* propose d’accueillir en avril 2016 une Conférence internationale de construction du Sahara Occidental.
- Les Commissions de la pêche et de l’agriculture de la Commission Européenne ont contacté début janvier  le représentant sahraoui auprès de  l’Union, Mohamed Sidati, pour demander que soit envisagé le début des négociations pour de nouveaux accords. Ce dernier les a informés qu’il prenait ses congés, partait dans le désert écrire de la poésie, son rêve de toujours, et les a renvoyés vers le groupe. La question sera envisagée globalement, en incluant les recours du Polisario devant la cours européenne de justice, mais n’est pas jugée prioritaire.

Le groupe environnement informe
- que les démineurs continuent le travail pour aller jusqu’au mur. Il leur faut du renfort et ils demandent l’élargissement de leur groupe pour la destruction du mur par le côté est.  Il y a beaucoup de matériels militaires très sophistiqués à récupérer. Des lieux de stockage seront établis en dehors des lits des oued*, en attendant la disponibilité de gros camions.
Le déminage de la partie ouest sera plus compliquée parce que le Maroc n’a jamais fait ni cartographie ni repérage, mais les équipes sont de plus en plus efficaces. Ils vont commencer par établir une brèche et une route sécurisée pour arriver à Smara (libérée), en partant de Tifariti, cela fait 140 km environ.
D’autres rats démineurs ont été envoyés, et les rats arrivés en août ont fait des petits. De nouveaux formateurs envoyés par le Mozambique ont commencé à les dresser.
Le groupe estime que cette route pourra être empruntée par tous le 15 février.

Le groupe nouvelle république informe que
- Les prisonniers sahraouis s’organisent dans les prisons marocaines et de El Aaiun et Dakhla. Le Maroc n’a pas encore répondu à la demande de l’extradition de ceux qui sont détenus au Maroc. Il faut prévoir un mouvement d’extradition des prisonniers de droit commun colons vers le Maroc, pour ceux qui le demandent.
- Les débats populaires sur la politique du premier gouvernement de l’indépendance ont abouti à un choix populaire écologiste et solidaire. Les valeurs traditionnelles bédouines.
- Les premières pièces de la monnaie, des Oualis, sont frappées, 3 dessins ont été choisis, et les billets sont en cours d’impression avec le soutien du Nigéria.
- Le programme propose : l’indépendance économique et politique, la construction basée sur le strict respect des droits de l’homme, une égalité en droits et devoirs pour tous, la laïcité. La séparation des pouvoirs pour une démocratie alliant fonctionnement participatif et direct. Une politique et économie basées sur la primauté du respect de l’environnement. Une collaboration régionale, le soutien actif au droit à l’autodétermination d’autres peuples, le soutien aux organisations de sécurité régionales et mondiales. Le premier geste diplomatique sera la reconnaissance de la Palestine.
Les premiers chantiers nationaux : une éducation d’excellence de la maternelle à l’université.

Le groupe de pilotage propose que prochaine réunion se tienne le 3 février à Smara libérée.

Le 24 janvier, par tous les médias simultanément, un membre du groupe nouvelle république, reconnu pour son calme et sa précision, a informé le peuple de l’indépendance du pays, et rappelé les dates à venir du retrait du Maroc et de l’accessibilité sans risque à la terre natale.
L’annonce est accueillie avec des rires et des larmes, de grandes liesses populaires dans le désert et dans les rues.
Dans une allocution le même jour, les dirigeants historiques et fondateurs du Polisario et de la RASD annonce qu’ils se retirent dans le désert et laissent la place aux nouvelles générations. Ils ajoutent qu’ils restent disponibles au peuple comme ils l’ont toujours été, en conseil s’ils sont sollicités.
Le gouvernement de transition est mis en place lors de la réunion du 3 février. Un groupe est constitué pour aboutir à une écriture collégiale de la nouvelle constitution.
Le parlement fait sa première session le 5 mars, et officialise le gouvernement. Les premières lois votées concernent l’environnement. Protection, dépollution et prévention, notamment par des règles impératives sur la qualité des produits d’importation.
La justice transitoire est chargée des dossiers de jugement des policiers marocains tortionnaires et des leurs collaborateurs sahraouis.
Le Hassanya est déclaré unique langue nationale.

APSO, 11 novembre 2015
Crédit illustration Un Ouali Sahraoui : B-APSO

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* HCR : Haut Commissariat aux Réfugiés
* Tuizas : regroupement de citoyens pour la fabrication de la tente de l’un deux
* RASD : République Arabe Sahraoui Démocratique
* Willaya : agglomération 
* Daira : villes
* Idaras : mairie
* Lhoul : chansons populaires nées en Mauritanie, appréciées des Sahraouis
* Frach : tapis tressés
* Asavim : Association sahraouie des victimes de mines
* Walis : Gouverneurs
* Oued : cours d’eau
* Ouali : héro de la lutte du peuple sahraoui
* PAM : programme alimentaire mondial
* NEPAD : Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique 
* PNUD : Programme des Nations unies pour le développement 
* UNPO :Organisation des nations et des peuples non représentés

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